Courir pour sourire

 

 J’ai souvent l’impression qu’on envie les Européens. Les gens parlent de comment ils courent, de comment ils s’entrainent et de comment ils sont chanceux d’avoir un si beau terrain de jeu. Sans aucun doute, les ‘trails’ sillonnent des montagnes surprenantes avec des points de vues magnifiques. Néanmoins, à mon humble avis, le gazon n’est pas plus vert de l’autre côté de l’Atlantique, il est seulement différent.

La course en trail est relativement moderne au Canada et en Amérique du Nord comparativement à l’Europe, où les sentiers datent de centaines d’années. Parce qu’on se sent un peu comme des néophytes comparativement à nos cousins et qu’on veut faire comme les « meilleurs », on observe, se compare, et imite. C’est un comportement normal; on veut prendre tous les petits trucs, ou petits détails du mode de vie ou de l’entrainement que font les Européens; ceux qu’on discerne comme étant « les rois de la montagne ».

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Il existe en effet une dissimilitude entre notre terrain de jeu et celui du vieux continent. Premièrement, c’est vrai qu’en Europe, il faut s’attendre à avoir un dénivelé positif monstrueux et que plus souvent qu’autrement l’altitude ajoute une difficulté au parcours. Comparativement aux pays de l’Europe que j’ai visité (Pologne, France, Grande Bretagne, Slovénie, etc.) les sentiers québécois sont moins accessibles, souvent mal identifiés et moins utilisés. Par contre, cela nous avantage dans les sections techniques des courses parce qu’on est accoutumé à chercher où mettre les pieds et à trouver la meilleure ligne.

Honnêtement, mise à part les terrains de jeux distincts, l’entrainement et les types de coureurs sont très semblables entre les deux types de communautés. Il n’y a pas une recette gagnante (enfin plus gagnante qu’une autre) et les courses en sol Américain ne sont pas moins “l’fun” ou plus facile, elles sont seulement différentes. Sportivement, je pense qu’on a tout ce qu’il faut chez nous pour pouvoir rivaliser contre les meilleurs. J’ajouterais à ceci que nos limites, nous nous les imposons, et sommes les seules à pouvoir les repousser. Lorsque l’entrainement est fait, il faut se faire confiance et arrêter de penser que la camisole « Italia» devrait être devant.

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Afin des me préparer aux quelques courses en sol Européen auxquels j’ai participées, j’ai développé quelques astuces qui me servent à ne pas me laisser impressionner.

1-Le jour de compétition, je me dis de contrôler les choses que je peux contrôler

Je porte une attention particulière à ma nourriture et à mon rituel d’avant course en laissant tomber les facteurs que je ne peux pas contrôler (météo, parcours, etc.).

De plus, c’est relativement facile en course à pied puisqu’il n’y a que mettre un pied devant l’autre pour se déplacer le vite possible. C’est-à-dire qu’il n’y a pas vraiment de volet matériel, ce qui nous épargne plusieurs tracas qui peuvent faire toute la différence dans certains sports.

2- Il faut accepter le fait qu’on connait des bonnes journées et d’autres médiocres.

On peut tomber sur des bonnes et des moins bonnes journées, il faut seulement espérer que le jour « j » de compétition en sera une excellente.

Il est important de « focuser » sur sa performance individuelle, et non celle des autres. Peut-être que la personne qui vient de passer devant connait la course de sa vie, ça ne devrait donc pas avoir de répercussion sur sa propre confiance.

3- Dans le cas d’une contre performance, demain matin, tu seras la même personne.

J’avoue que j’ai mon petit moment de déception et même de frustration. Ensuite, je revois ce qui a bien et moins bien été durant la course puis j’évalue ce que j’aurais pu changer. Mais tout ça demeure bref.

En fait, je n’ai pas de boni au rendement ni de pression de quiconque. Demain matin, je me réveillerai avec la même passion, les mêmes valeurs. Advenant une contre performance, ça ne m’enlève rien de qui je suis véritablement .

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On ne peut pas toujours donner le meilleur de soi-même, mais avec l’expérience on arrive à connaitre les conditions dans lesquelles nous nous sentons plus en confiance et à les reproduire pour exceller à la hauteur de ses attentes.

Depuis que j’applique ces petits trucs que j’ai acquis avec l’expérience, la pression est tombée et je suis plus heureuse à l’approche de la compétition. Je retire le maximum des courses en m’épanouissant, de toute façon, je suis toujours là pour m’amuser. Voilà pourquoi c’est si facile de sourire.

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Tout cela pour conclure que peut importe l’emplacement de la course, c’est ce qui ce passe dans la tête qui compte. Si l’entrainement est bien fait, le plus grand inconnu est la façon dont la course est abordée. C’est réellement cela qui fait la différence entre une bonne et une mauvaise performance et non le pays qui est inscrit sur notre chandail.

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